Les couteaux catalans

Elégant et haut en caractère, le couteau catalan surprend et séduit par sa forme particulière issue de plus de 150 ans d’histoire. Zoom sur un compagnon fier et fidèle, cher aux catalans !

Origine(s) du couteau catalan

Le Roussillon a vu fouler ses terres par de nombreux voyageurs ou conquérants, de Charles Quint à Napoléon, en passant par les Maures. Autant de sources possibles d’inspiration !
Claude Bidaut, spécialiste et artisan coutelier à Reynes, situe l’apparition du couteau Nord Catalan au milieu du XIXè siècle. Le couteau catalan, comme en témoigne Christian Ibergay (Ille-sur-Têt) est apparu pour sa part début XIXe (14/18). Fabriqué à Saint Etienne, il équipait une partie de l’armée française.

« Avant le traité des Pyrénées – signé le 7 novembre 1659 -, les Pyrénées-Orientales actuelles faisaient partie de la Catalogne, donc de la couronne d’Espagne. Les couteaux fabriqués à cette époque étaient des couteaux catalans, tels que ceux de Bernardo Negro (1406-15…)« .

En 1840, le couteau catalan est associé à tort aux fameux trabucayres, qui s’en servaient en guise d’arme parallèlement à leur « trabuc » (tromblon). Ils n’ont existé que 3 siècles après la pendaison du plus célèbre bandit catalan Joan Sala i Ferrer, surnommé « Serrallunga ».  Les trabucayres, qui passaient pour des bandits au vu de leur comportement, étaient cependant une milice régulière -et officielle !- catalane.

La fabrication  des couteaux catalans s’inscrit dans une forte tradition d’artisanat métallurgique, d’autant que la région, riche en minerai de fer, comptait de nombreuses « forges catalanes ».

Ganivet Arles sur Tech

Ganivet d’Arles sur Tech

 

Au début du XXe siècle, les couteaux de taille moyenne (10 à 20cm) voient le jour à Perpignan sous les mains habiles de l’armurier René Mellot ou Martin Frères. Ils sont fabriqués à base d’éléments venus de Thiers (Puy de Dôme) : ressorts, lames estampées, manches en corne…L’objet rustique évolue dès lors en créations stylisées, uniques et qualitatives, encore maîtrisées de nos jours par quelques couteliers locaux.

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Navalla – Coutellerie 66

Un style unique

Sa forme originale l’identifie rapidement : manche coudé façon « cassure », lame en feuille de saule, mitre enforme de fusée conique terminée par une boule ou une « queue de crotal », décoration curviligne subtile de la lame – la plupart du temps agrémentée de motifs floraux ou végétaux – et des parties métalliques, ornées de motifs divers (végétal, fruit, soleil, eau etc.). Apparemment, seuls deux couteaux à motifs linéaires auraient été retrouvés. Le couteau catalan suit la forme de la main et possède toujours un cran d’arrêt.

Quelques modèles

  • Ganivet : le plus ancien. Ganivet signifie « petit canif » en vieux provençal et en catalan.
  • Navalla « traditionnel », couteau catalan fermant et très tranchant !
  • Serralunga, inspiré du bandit catalan Joan Sala i Ferrer, surnommé Serrallunga
  • Goig, couteau catalan spécialement conçu pour Ille-sur-Têt, dont la tradition du goig a longtemps perduré. « Goig » provient du latin gaudium (joie, plaisir). Il s’agit d’un cantique portant l’image de la Vierge ou d’un Saint protecteur, censé protéger les récoltes, éloigner les mauvais esprits etc.
  • Cargol : le « must have » du catalan ! En parfaite résonance avec la traditionnelle « cargolade » catalane, le Cargol possède…une fourchette à escargots !
  • Cuina : couteau de cuisine
NeoCatalan, par Claude BIDAUT

NeoCatalan, par Claude BIDAUT, Reynes

D’autres modèles peuvent exister, selon la créativité de leurs concepteurs. Le plus dur sera…de trancher !

 

 

 

 

 

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